Le travail éducatif contraint en milieu ouvert dans la prise en charge pénale des mineurs. Regards croisés France-Québec. Des professionnalités aux gouvernementalités, mars 2020

Cette recherche s’est inscrite dans la continuité de diverses enquêtes antérieures conduites par les auteurs du présent rapport, en France, comme au Québec qui ont porté sur le traitement éducatif des jeunes délinquants principalement en milieu fermé et ont souligné la singularité des agencements professionnels et organisationnels au sein de dispositifs qui articulent des logiques a priori contradictoires : éduquer et contraindre, responsabiliser et contrôler, etc.

Lorsqu’on assiste à un processus de dissémination de la contrainte pénale tout au long de la chaîne éducative, la principale question a résidé dans l’examen de la tension accompagnement/contrôle des pratiques des agents chargés du suivi hors les murs et en « milieu ouvert » dits « éducateurs » en France, et « délégués jeunesse » au Québec.

Quelles sont les logiques induites dans leur professionnalité, en termes de pratiques, d’autonomie et d’identité ?

Pour bien saisir les différentes dimensions de ce processus, la recherche s’est employée à réaliser des observations similaires en France et au Québec auprès de services éducatifs en charge de la mise en oeuvre des mesures de ce type. Toutefois, il s’agit bien de travaux de recherche parallèles, qui font l’objet de deux parties séparées dans le rapport, avant de consacrer une courte partie à ce que nous avons nommé des « regards croisés ».

L’examen des différences France/Québec révèle deux régimes de gouvernementalité dominants, induisant tantôt des logiques professionnelles de contrôle, tantôt de care : les obligations prévues par les mesures trouvent une traduction spécifique dans chaque régime

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